Traité sur la servitude involontaire et prolégomènes.

 




Comment voulez-vous que je me lance dans un discours de vérité absolue quand je suis moi-même l’effet miroir d’une pseudo-réalité ? Un monde arbitraire où les dogmes sont le moteur de toute action, où les humains portent des masques pour appartenir à la foule, où tout est sacrilège au détriment de la volonté d’être. Voici le grand éventail d’un monde non pas en ruines mais qui se proclame évolutif sans donner naissance à une pensée originelle et originale. Je ne vais pas dire grand-chose dans ce texte mais c’est à vous de lire entre les lignes de mon désarroi bel et bien illustré. Deux réalités sont mitoyennes, l’une est au bout des doigts et l’autre se cache derrière les rivages lointains d’une pensée profonde. Nous vivons toute une vie au plaisir de rejoindre un monde qui n’appartient à personne, un monde où tout est garanti même le péché, l’homme y est désormais nu, la femme se retrouve à son tour décomplexée du regard masculin, autrement dit, elle n’est plus désirée comme avant. La femme sera-t-elle triste à l’au-delà s’il y en a ? Au bas monde, elle est considérée par certains comme denrée rare si et seulement si, joua le rôle de mère tandis qu’elle est vénérée pour ce qu’elle cache entre ses jambes, ce petit nœud où réside adultère et inceste, ce petit joyau vers lequel, l’homme se dirige aveuglément sans deuxième pensée et vers lequel les idées nocturnes se penchent en catimini. Voici la grande architecture d’un monde antique inchangeable malgré nombreuses tentatives. L’écrivain ou le penseur modeste sait à quel point le changement radical du monde est invraisemblable, commençant par le premier argument qu’est celui de vouloir changer continuellement ce qui se passe en soi qu’il serait à fortiori prétentieux de vouloir ou même penser changer ce qui traverse l’esprit mondain d’un grand nombre de personnes. Le Messiah du siècle est un jeune homme silencieux et méditatif, inspiré du silence déraisonnable du monde, incapable de souffler à quiconque la traversée morbide de sa réflexion, plutôt timide et philanthrope mais pas du tout abjecte. Il s’adonne à la réflexion tendue et presque éternelle, ses acolytes le considèrent souvent thèse de mépris et de satire mais au demeurant de son existence, il sourit aux archipels satiriques comme un condamné à mort, qui malgré la torpeur du jugement, s’attend au pardon salvateur. Réminiscence via laquelle tout est possible, les forces métaphysiques le rejoignent tardivement au chevet de sa pièce vénusienne, lui soufflent quelques mots et conseils et repartent immédiatement pour rejoindre le ciel étoilé. L’homme demeure stupéfait et mélancolique, son corps tergiverse, ses membres se recroquevillent et rien n’est plus comme avant. Il se leva au bureau pour écrire, une larme coule suivie d’une autre, cria haut et fort, elle est de nouveau parmi nous. Les anges pétrifiés et abasourdis ! De quoi parle-t-il et à qui s’adresse-t-il ? A personne souffla minutieusement l’horloger, le Zoughbi est devenu fou, mais de quelle folie parlez-vous ? D’une folie que seule l’écriture pourrait éradiquer. Mort certaine, temps perdu et quelques bouts de papier éparpillés là où son essence a connu trêve et combats…

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