Les amitiés de seconde main.

 



L’Homme est un animal social dixit Aristote. Ah bon ? Et pout quelle raison se prétend-t-il comme tel ? Réponse précoce : parce qu’il a peur d’être seul. J’ai passé la plupart de mon enfance à vivre seul, mes parents allaient travailler et en définitive, je me trouvais dans l’obligation d’accompagner mes anges et mes démons. Au fil du temps, j’ai pu constater que cette solitude avant-gardiste a nourri en moi une sorte de détachement thérapeutique, celui de pouvoir demeurer sans compagnie pour une période indéterminée. Les années durèrent et l’homme que je suis a pu acquérir un sens très précis de la présence d’autrui au sein de mon microcosme vital. Les relations dites amicales sont devenues presque une nécessité voire un antidote contre la solitude. 

Le second point qui nous a été imposés est celui d’avoir une amourette assez tôt pour gouter à l’amour sans vraiment cerner le concept dans son rapport à l’essence de la vie. Jeune homme que je suis, j’ai été fidèle dans mes amitiés, je prenais du temps pour accompagner un ami souffrant d’une condition quelconque, j’étais sans prétention aucune l’ami taciturne mais qui ne se prive pas de souffler un conseil au moment opportun. Par la suite, j’ai pu constater que les amitiés ne sont pas toutes qualitatives. Il y a ceux qui, comprennent assez tôt la portée symbolique d’une coalition entre deux êtres dont chacun d’eux perçoit ce vaste monde d’une manière subjective mais qui se rejoignent sur un certain nombre d’interstices communs. Les circonstances de la vie changent, prennent la forme d’une montagne russe à grimper ou celle d’une vallée dont les eaux féminines puisent dans les prairies vastes étendues. 


De nature, les cercles amicaux les plus compactes se dispersent et se détachent par volonté divine ou féminine car rien ne peut ruiner une amitié sauf une présence soudaine et impromptue d’une femme. Cette implosion fait que les amis ne se fréquentent plus, procèdent à l’application d’une table rase à part entière. Le champ ruiné et déserté redirige l’homme par nature vers une trajectoire de solitude épicée de moments de Jazz, de marche nocturne et de pensées noires et infernales. Cette solitude que j’ai beau ciselée est loin de mon expérience, celle que j’ai connue était inscrite dans l’amour propre des défauts d’autrui, la critique quasi permanente des comportements indésirables et le fait de couper en huit toutes les discrétions maladives. Mon amitié n’est pas du tout féminine raison pour laquelle elle ne sera jamais de seconde main.

Amen !



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