Les Eumétazoaires

 

La chronique d’aujourd’hui n’est pas seulement l’effet miroir d’une réflexion qui me taraude l’esprit mais un fait et je dirai même que c’est plus qu’un fait ; c’est en effet, un postulat. J’éprouve une certaine réticence quant à l’emploi phrastique du mot « monde ». De quel monde sommes-nous en train de parler et vers quelle version de celui-ci sommes-nous dirigés ? La réponse à ces deux interrogations nécessite un temps de réflexion mais cette composante est de plus en plus rarissime, raison pour laquelle, l’homme doté de conscience malgré tout calquée à un cerveau reptilien, se trouve à son tour dans l’obligation d’asseoir un dispositif de réponse. 

Cette manière de riposte est appelée communément philosophie, qui signifie de facto l’amour de la sagesse ou la tentative permanente faisant de l’homme in fine un sujet prédéfini et approximatif à ce que j’appelle personnellement l’état de l’Excelsior intellectuel. Avant de creuser davantage dans cette approche dialectique, il est indispensable de mesurer l’effet et le degré de tangibilité de cette assise sur la société dite postmoderne. D’un point de vue purement académique, il est d’une importance biblique, l’acte cognitif de faire référence aux pionniers des philosophies inscrites dans le cadre de la postmodernité. Deleuze, Foucault, Derrida et j’en passe, ont tous essayé, je dis bien essayer de comprendre les divers aspects de changement relatifs à cette époque. En faisant recours à un comparatisme méthodologique, ils ont mis à la lisière le volet spirituel tout en faisant table rase de l’archétype des religions monothéistes ; celles qui pour la plupart demeurent un catalyseur de la bienséance mais aussi de la bien-pensance. L’énumération des aspects de changements de la société actuelle ne peuvent pas être aperçus de manière microscopique en revanche, on peut les identifier surtout chez les sociétés conservatrices inscrites dans une optique d’évolution mimétique. 

Parlons du Maroc, un pays situé en Afrique, fœtus d’un protectorat, enfant terrible de l’union africaine et une fenêtre sur l’Europe. Cette position énigmatique d’un point de vue géographique a poussé toute une société à vouloir s’inscrire dans ce qu’on appelle le nouvel ordre mondial sachant que la théorie du changement n’est pas centralisée sur la métamorphose du style de vie, la modernisation des goûts, la standardisation du succès et surtout la focalisation sur le corps qui était jadis un tabou, devenu au plus tard, une sorte de Mésopotamie idyllique. Dernièrement, j’ai suivi avec intérêt les propos d’un désormais intellectuel avec qui je partage quelques pensées analytiques. En effet, ce jeune homme se proclame leader d’un mouvement de reconquête quant à une Andalousie en pleine renaissance. L’épicentre de sa pensée est mis en lumière par la primauté de l’esprit critique en tamisant les données ancestrales qu’elles soient religieuses ou d’ordre humain afin de repeindre notre société d’une couleur polychromatique au service d’un développement réaliste. A ce juste titre, je me permets comme quelqu’un trempé dans l’anonymat de mettre à table une réflexion qui pourrait conditionnellement mener notre pays vers la rive de l’Excelsior. 

Au tout début, il faut capitaliser sur un enseignement qui pousse la jeunesse à poser un maximorum de questions, il faut en second lieu inciter les gens à vivre selon un mode individualiste susceptible de se transformer en pluralisme en cas de crises, d’injustices ou atteinte aux mœurs, il faut davantage pousser la jeunesse à faire preuve d’émancipation quant à tous les domaines cardinaux de la société et en addition aux précédents, l’homme doit se situer au centre de l’intérêt étatique non pas d’un point humaniste ou de renaissance mais il est indispensable de catégoriser le capital humain comme denrée sacrée et irremplaçable. Cette suite logique de propositions fera du pays un perchoir de volonté populaire, une scène de droit à part entière et une destination de plaisir existentiel pour un endogène qui sera dans l’obligation de critiquer son propre vécu tout en le comparant au modèle marocain dépourvu si Dieu veut de malaise social et d’inconfiance sociétale. Voici un monde où notre cher pays deviendra une boussole intrigante et non pas une destination de désir ou une décharge d’hormones synthétiques.


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